Guide pour la mise en œuvre des principes relatifs à la santé mentale et au soutien psychosocial (MHPSS) du Code Murad
Le Code Murad définit les normes minimales en matière de santé mentale et de soutien psychosocial (MHPSS) que toute personne intervenant auprès de victimes pour recueillir ou utiliser des informations sur les violences sexuelles systématiques ou liées aux conflits (SCRSV) doit être prête à respecter. Cela implique de connaître les dispositifs de soutien existants, de vérifier que ceux-ci sont sûrs, accessibles et adaptés aux victimes concernées, et de s'assurer que ces dispositifs peuvent être mis en place avant, pendant et après toute intervention.
Le respect de ces normes permet de préserver le bien-être des survivants, de garantir un consentement éclairé, d'instaurer un climat de confiance et de préserver l'intégrité des informations elles-mêmes. Agir sans un soutien adéquat risque de nuire aux survivants, aux équipes qui travaillent avec eux et à la crédibilité du travail accompli.
Atteindre ce seuil ne nécessite pas forcément des budgets importants ni des systèmes complexes. Dans de nombreux cas, une seule option de soutien par les pairs ou au sein de la communauté peut suffire, à condition qu’elle soit sûre, confidentielle et adaptée aux personnes concernées. Ce qu’il faut, en revanche, c’est une bonne coordination, une planification centrée sur les survivants et la volonté de suspendre les interventions jusqu’à ce que les conditions nécessaires en matière de santé mentale et de soutien psychosocial soient réunies.
Ce guide traduit ces normes minimales en mesures concrètes et pratiques, applicables dans tous les contextes et quel que soit le niveau de ressources, afin d'aider les collecteurs et les utilisateurs d'informations à s'assurer que les dispositifs de soutien psychologique et de santé mentale (MHPSS) sont prêts avant de passer à l'action. Il aborde la cartographie et la vérification des informations, les solutions créatives adaptées aux contextes où les moyens sont limités, la discussion des orientations vers des services spécialisés avec les survivants, ainsi que la gestion du traumatisme par procuration chez les collecteurs et les utilisateurs d'informations.